Mille milliards de neurones pour le Social ou Pourquoi nous avons encore de la place pour encore toujours plus d’information ! …mais plus pour le mail…

Par Alain Garnier, CEO de Jamespot

évolution du médium pour jamespot le blog par julien charlierStop à la sur-information ! On lit partout qu’on ne peut plus gérer les mails que nous recevons chaque jour et leur accorder l’attention nécessaire à une réponse adéquate.

C’est faux…..

…Et vrai !nous n’allons pas gérer plus de e-mails car ils arrivent à leur limite pratique/théorique (ce que je vais essayer de démontrer), mais d’un autre coté nous nous appretons à avaler plus d’informations. Et oui, encore plus. Et la marge est forte !

Vous ne me croyez pas ? Et pourtant, le temps de lire ce paragraphe, votre cerveau va recevoir l’équivalent d’un film en TTHD (très très haute définition), car les images qui viennnent se poser sur votre rétine percutent en temps réel vos 120 millions de cônes & 5 millions de batonets –chacun disposant de 100 millions de molécules – dans l’œil soit 10/20 milliards à la louche qui se propagent ensuite dans la trentaine d’aires mises en jeu pour la vision… Stop. Le temps de lire ce paragraphe (une quinzaine de secondes) je vous disais, votre cerveau aura traité 4E18 informations soit 4 milliards de fois plus que le nombre de page Web actuelles…

Incroyable non ? Vous saviez-vous aussi puissant ?

La limitation de notre capacité mentale ne vient pas de là, ce qui nous permet de dire que nous avons encore beaucoup de « puissance machine » avant d’atteindre notre limite intellectuelle. En revanche, le medium lui a ses propres limites, et sa propre logique.

Petit retour en arrière.

Restons dans le domaine du travail qui lui, ne sépare jamais utilité et finalité.  Retournons au début des années 80, du temps ou le  médium le plus important était le courrier papier. Nous en gérions une dizaine par jour. Et parmi ces lettres, de la publicité…qui sera bientôt considérée comme trop intrusive et discréditera le papier … avant qu’il ne reprenne ses droits car le SPAM se sera déplacé ailleurs.

A la fin des années 90, en France, l’effet FAX se déploie comme une trainée de poudre. Il apporte rapidité et temps réel. Mais lui aussi victime du déploiement devient à nouveau « suspect » et SPAMé avant de devenir une « relique ». Aujourd’hui reservé aux commandes et documents quasi officiels, recevoir un FAX par jour est un exploit !

Puis les années 2000 ont vu le mail s’imposer. Plus rapide que le FAX, immatériel, il permet de tout faire passer jusqu’au bout du monde sans « changer de rouleau ». Il passe très vite, d’un simple moyen d’échange au statut  d’usine à se passer des infos utiles ou futiles. Bref, un outil polymorphe au service de l’individu & du collectif. Les années passent et nous arrivons très vite à la « centaine de mails » que recoit un manager. Sans compter… le SPAM qui devient LE problème central du mail.

On le voit, on passe de 1 lettre à 10 faxs puis 100 e-mails: nos cerveaux ont-ils décuplé ?

Non, et la limite vient plutôt du caractère physique du rapport au médium. Pour le Fax il faut changer les feuilles, donc au-delà de quelques envois par jour… ça devient fatigant . Les éléments qui composent un courrier sont multiples (papier, stylo, lettre, timbre, une personne pour l’écrire et une autre pour l’envoyer) … donc encore plus fatigant. Alors que pour le mail, Il faut simplement appuyer sur SUPPR ou ranger dans les dossiers pour les plus ordonnés, sans compter l’élimination des SPAMs. C’est lassant mais la période du ras le bol arrivent plus tard que pour le fax et la lettre.

ETAT NUMERIQUE EN 2010
1 FAX
10 Lettres
100 Mails
1000 Tweets/Wall
10000 Zorglubs* (reste à inventer)

Ce n’est donc pas un problème de capacité d’absorption. La preuve. Que faisons nous sur les réseaux sociaux ? Nous lisons non pas 1, ni 10 ni 100 mais bien 1000 Tweets, messages, Likes et autres indicateurs de socialisation. Alors sommes nous noyés ? Bien entendu, si on le comprend au sens du  FAX/Lettre/Mail. Qui prétend lire tous les Tweets du jour de ces centaines de followers ou le Wall de ses amis et les ranger dans des dossiers ? Personne. En revanche, si on considère le flux et son usage de lecture rapide et d’interaction, alors chacun gère sans problème ses milliers d’influx. Rappelez-vous les milliards de milliards de neurones en stock pour gérer, analyser, en temps réel vos influx externes. Un flux Twitter ou une timeline Facebook, ou votre Réseau Social d’Entreprise préféré (par exemple Jamespot), ne sont que des « petits » flux comparés à un simple regard porté sur une partie quelconque de la réalité : un arbre dans le vent, un train qui passe, le sourire d’un visage.

Alors qu’est ce qui fait qu’on a le sentiment que le mail est « en sursis » ? Deux éléments sont à l’œuvre. Le premier est « historique ». Il fait de ce médium le plus accessible aux individus peu scrupuleux, qui l’utilisent pour SPAMER à moindre frais. C’est amené à changer tout comme, il y a quelques temps, le fait d’envoyer des mailings papier volumineux pour gagner des voyages improbables… Il faut attendre le prochain médium dominant pour que les SPAMMEURS se déplacent. Et croyez moi, quand ils auront compris qu’ils ont plus intérêt à aller vers les réseaux sociaux, le mail sera à nouveau un lieu de paix … De paix certes, mais sans enjeux. Car l’enjeu se déplace sur le médium qui déplace les foules. C’est ainsi.

L’autre élément, c’est la nature profondément « physique » du lien au médium. Je l’ai un peu expliqué plus haut, mais le mail est un système « à rangement ». Il nécessite toujours une petite peleté de numérique. Et même si Google a essayé de tuer cette logique associée au mail (ne plus ranger just search), le mal est plus profond : lire ses mails c’est trier ses mails sur le serveur. Qu’on les lise ou pas, c’est dans le protocole lui-même du mail. Et c’est ce que justement supprime l’approche du réseau social par sa centralité du profil utilisateur. On n’écrit pas à quelqu’un. On écrit « sur » quelqu’un. Au sens propre, on écrit sur son Wall, dans sa boîte mail etc… C’est l’émetteur qui sé déplace pour aller vers l’utilisateur. Plus d’appel et d’envoi à un serveur.

Que dire alors d’un Twitter qui, non seulement utilise une approche de type social mais surtout, diminue de manière mécanique la taille et donc le coût numérique d’un message, pour le bloquer à 140 caractères. L’entropie (= l’énergie nécessaire à la manipulation et la gestion du désorde) pour manipuler et comprendre ce flux est donc bornée contrairement au mail, ou un message d’une part n’a pas de limite, mais qui plus est, peut se voir alourdi de pièces jointes dont la taille est très aléatoir (1 page à plusieurs centaines).

C’est là ou l’on voit le vers dans le fruit du réseau social…Twitter, comme Facebook comme votre RSE préféré (vous savez le quel), ne sont pas que des messages mais aussi des pointeurs vers l’extérieur (en apportant des liens) ou vers des fichiers joints pour le cas professionnel. Twitter en est un exemple cinglant. Car on ne parle que des 140 caractères . Mais on sait aussi que les Tweets utiles sont ceux qui ont un lien … qui renvoie vers une page Web à nouveau élément d’information non borné. Aussi, la limite est certe repoussée au delà du facteur 1000 mais cette limite connaîtra  aussi une limite physique propre à ce médium tôt ou tard… Pas de magie. La frontière du digérable a donc seulement été repoussée.

Mais en revanche, une quête permanente nous anime pour permettre à notre cerveau de communiquer vers d’autres cerveaux à une vitesse qui égale la vitesse intérieure de notre esprit.  C’est l’idéal humain d’une communication totale, globale.

Et si on renverse le problème pour trouver comment utiliser les mille milliards de neurones à notre disposition qui n’attendent que la possibilité de communiquer avec les autres mille milliards de neurones…alors là sur-information est bien loin et les possibles sont en revanche infinis.

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A propos blogjamespot

Mené par 3 entrepreneurs dans le numérique depuis plus de 15 ans, Jamespot porte la vision que le Web transforme et accélère les nouveaux usages autour de l’information pour l’individu et dans l’entreprise. Jamespot édite le site éponyme Jamespot.com, un réseau social qui permet de communiquer à ses amis ce qui nous intéresse sur le Web en un simple clic. Jamespot.com c’est à ce jour, des dizaines de milliers de Spotteurs actifs répartis sur 12 pays. Fort de son succès croissant et de l’adoption spontanée de ce nouveau réflexe, sur le Web, Jamespot décline également une version professionnelle, Jamespot.Pro, pour l’entreprise 2.0 qui impulse la puissance du réseau social au business.
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