Facebook : l’arbre qui cache la forêt

Billet écrit par Alain Garnier pour Emarketinglicious

Facebook, Facebook, Facebook … ils n’ont que ce mot là à la bouche. Car, il faut le reconnaître, le phénomène est remarquable. Facebook inquiète, amuse, énerve, ouvre des espoirs, jongle avec la question des générations, remet chacun au centre du grand monde … Et aujourd’hui, il excite aussi le monde du business : vous imaginez ? 600 millions de consommateurs à un clic de souris. Jamais le monde n’a paru si petit depuis Facebook.

Et pourtant. Le baobab social ne doit pas cacher la forêt sociale qui fourmille derrière Facebook. Et si c’était cette forêt qui portait la valeur de demain ?

Entrons dans cette forêt, avec une boussole, pour y voir plus clair…

facebook-foret

Au nord : la diversité géographique & culturelle

Facebook est né aux Etats-Unis, mais dans le même temps, dans d’autres endroits du monde, des initiatives voyaient le jour en même temps. Sur chaque segment (voir Ontologique : que ce soit pour l’aspect Personnel, Professionnel ou Entreprise), chaque pays a développé un tropisme particulier vers un réseau social. Par exemple, sur la dimension du réseau social personnel, aux 600 millions de Facebookiens au monde, il faut voir les 500 Millions de QQisstes (QZone) en Chine ou encore XXX du réseau YYY au Japon, et les ZZZ millions de Yandex en Russie, ou Orkut au Brésil.

Idem pour la dimension des réseaux sociaux professionnels, où chaque pays a son réseau de prédilection : LinkedIn aux US, Viadéo en France et ZZZZ en Allemagne par exemple. Même pour le grand public, qui est par nature plus « concentrateur », il reste une diversité de réseaux sociaux, car l’humain étant au centre, la dimension culturelle est fondamentale pour réussir.

Au sud : la diversité Thématique

A l’ombre du grand Facebook, on voit aussi apparaître des myriades de réseaux sociaux thématiques. Le réseau social des lecteurs, des amateurs de vin, des joueurs de golf, de l’association d’une ville, d’un bassin d’emploi, des amoureux des blondes platinées, la liste est infinie… Remplaçant doucement mais surement les bons vieux forums, ils apportent une nouvelle manière d’échanger sur des thèmes partagés.

A priori, on peut imaginer que Facebook – pour ne citer que lui – pourrait accueillir avec bonheur ces communautés. C’est d’ailleurs souvent le cas.  Mais, face à une attitude généraliste, les passionnés d’un thèmes ont envie de donner une marque plus forte à leur communauté, y apporter des services spécifiques : achat de billet de tournoi pour le golf, système de cotation du vin, matching entre personnes … Or Facebook est par définition « générique » et même si il permet de fabriquer des applications, la communauté qui veut résolument avoir un fonctionnement spécifique, une identité propre devra sortir de Facebook pour pouvoir le faire.

Autre raison, aussi forte, le sentiment de construire un espace pour privilégié, ce que ne permet absolument pas Facebook, tout au contraire porté par la logique de masse.

A ce jour, ce sont des centaines, voire des milliers de réseaux qui voient le jour dans tous les pays.

A l’est : la diversité Typologique

Facebook a créé un modèle social générique, basé sur la notion de graphe réciproque (amis/amis) et qui permet ensuite de partager des éléments (articles, photos, commentaires, notes). Mais d’autres modèles existent, que ce soit sur le graphe social que sur le « quoi » du réseau.

Twitter par exemple, propose un modèle alternatif de graphe social basé sur la notion de Follower et donc de relation asymétrique (je te suis mais tu n’es pas obligé de me suivre). Dans un genre plus subtil, les réseaux sociaux professionnels ont une relation asymétrique, mais typée. On a été en relation avec quelqu’un pour quelque chose (un job, une affaire …).

Sur le « quoi », on peut citer Foursquare qui permet de partager l’endroit où l’on est. Il ne s’agit pas de contenu, mais de lieu. Là aussi on peut imaginer d’autres objets à partager : le temps, l’espace, les émotions etc … autant d’éléments qui amènent une spécificité structurelle par rapport à Facebook, qui reste lui un généraliste.

On peut aussi parler de l’eBusiness, l’échange ou la vente de biens qui attend « son » grand réseau social, en complément des autres services de commerce en ligne.

A l’ouest : la diversité Ontologique

Un réseau social, certes.  Mais pour qui ? Pour quoi ? Car Facebook s’est adressé au départ uniquement aux individus, puis il a du faire une petite place aux entreprises. Il existe donc des réseaux qui ont pour vocation ontologique de servir d’abord les entreprises. On retrouve les Réseau Sociaux d’Entreprises (RSE) internes, à destination des employés entre eux. C’est une extension naturelle du mail, que le RSE Interne a vocation de remplacer. Sur cette offre, pas étonnant d’ailleurs d’y retrouver les acteurs traditionnels de la messagerie : Microsoft avec Outlook/Exchange et IBM avec LotusNotes.

Ensuite, on trouve les RSE qui vont s’attacher à l’entreprise étendue, c’est à dire qui s’ouvre, aux sous traitants, aux partenaires, et aux clients. C’est un gisement considérable aujourd’hui pour les entreprises que de considérer le réseau naturel de business comme un levier pour en faire davantage. Par exemple, un réseau de franchise pourra avec un RSE qui relie tous les franchisés informer plus vite et que des questions qui remontent du réseau soient traitées plus rapidement. Ou encore, un réseau de concessions pourra mieux servir les clients, établir des devis plus rapidement et plus efficacement etc… Les applications sont multiples. Sur ce segment, on retrouve des sociétés comme Jive, BlueKiwi, Jamespot par exemple.

Ensuite, ces RSE ont aussi vocation à être couplés à … Facebook ! Lieu potentiel de présence des clients ou prospects.

On peut aussi imaginer que des réseaux sociaux spécifiques apparaitront pour les entités comme les associations ou les collectivités territoriales. Mettons qu’aujourd’hui, les offres pour entreprises sont à même de répondre à ces demandes, mais les besoins évoluant et se précisant, il est probable qu’il y aura des réseaux sociaux spécifiques pour ces catégories.

Personnel, Entreprise, Association, Etat, Citoyen … dis moi qui tu es et je te dirai quel réseau social mettre en place !

Et au final… des croisements multiples

Quand on prend du recul, sur toutes ces dimensions : pays/langues/culture, diversité thématique, structure sociale différente, ontologie (personne, entreprise, état), un réseau spécifique est envisageable ! Et c’est ce qui se passe sous nos yeux. Après une doxa qui prévoyait un Facebook, ogre qui dévorerait tous les usages, il n’en est rien. Certes, il a fait le ménage sur ses terres : réseau social d’amis symétriques, généraliste et culturellement occidental.

Mais ailleurs, sur les autres dimensions sociales, d’autres propositions grandissent et pas seulement à l’ombre du grand baobab mais bien comme une forêt de milliers de services sociaux, ayant chacun leurs spécificités. Et même si le phénomène classique de concentration sur le Net est à l’œuvre (comme on l’a vu pour le moteur de recherche), la fonction sociale a davantage à voir avec le e-Commerce qui continue d’être très morcelé. Cela s’explique principalement par le besoin de spécialisation (culturel, fonctionnel, design…) d’un service pour coller à sa cible. Et qu’un service uniquement généraliste ne peut pas –par définition – se spécialiser.

Mais à l’heure de l’Eco-diversité, on ne peut que se réjouir de savoir que les réseaux sociaux vont faire naitre de multiples espèces de Réseaux Sociaux : des petits buissons, des arbustes, des roseaux mobiles, des chênes robustes et même un baobab…

Une Forêt de Réseaux Sociaux !

Publicités

A propos blogjamespot

Mené par 3 entrepreneurs dans le numérique depuis plus de 15 ans, Jamespot porte la vision que le Web transforme et accélère les nouveaux usages autour de l’information pour l’individu et dans l’entreprise. Jamespot édite le site éponyme Jamespot.com, un réseau social qui permet de communiquer à ses amis ce qui nous intéresse sur le Web en un simple clic. Jamespot.com c’est à ce jour, des dizaines de milliers de Spotteurs actifs répartis sur 12 pays. Fort de son succès croissant et de l’adoption spontanée de ce nouveau réflexe, sur le Web, Jamespot décline également une version professionnelle, Jamespot.Pro, pour l’entreprise 2.0 qui impulse la puissance du réseau social au business.
Cet article, publié dans Nos actualités, Nos chroniques et tribunes, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s