L’internet hyperlocal a un nom : le réseau social

Par Alain Garnier – CEO Jamespot

C’est un fait, Facebook a colonisé la planète, même s’il lui reste encore quelques niches à conquérir dans les pays où il est dominant et à contrario dans les pays où c’est un alter-ego (QQ en chine par exemple, ou Orkut au Brésil) qui a tout raflé. Bref, le réseau social ouvert et  connecté sur ses amis n’est plus un devenir mais bel et bien un élément qui structure notre paysage. Mais le Web ne nous a pas habitué à rester sur ces quant-à-soi. Alors « What else ? » comme dirait Georges Clooney ?

Les réseaux sociaux new generation

Ce qui paraît poindre à l’horizon, c’est bien la deuxième vague de réseaux sociaux. La première était basée sur la force brute et la généralité. Tout le monde y est pour un usage très commun : se parler, échanger des éléments numériques (photos, vidéos) et donner son avis. Maintenant que les internautes sont « éduqués », ils veulent plus… de services,  de précision, de détail et donc aller vers des structures fines sociales qui se greffent à leur quotidien.

Une des nouvelles composantes des réseaux sociaux est la géographie. Elle est déjà très active dans Facebook. Les adolescents, grands consommateurs de réseaux sociaux se maillent à partir de la structure sociale qui constitue leur quotidien : la classe, l’établissement scolaire, le stade de sport ou la ville au plus large. Au delà, les relations s’estompent. La logique de localisation est  donc bien un élément qui relie les acteurs de facto. Or, à ce jour, Facebook ne permet pas de décliner simplement une approche qui s’appuie sur ce réseau naturel. Vous n’irez pas au delà des « Amis », qui sont les relations déjà construites dans cet espace géographique.

Du Social mais plus Local

Et pourtant les besoins sont multiples : le réseau des voisins, des parents d’élèves, du cours de Yoga, des amoureux de la nature qui habitent la même rue etc… La socialisation de deuxième ordre passe par la thématique et le local. La question n’est plus d’avoir mes amis sous ma main numérique mais de se connecter avec mes « co-interest », ceux avec qui je vais pouvoir faire des choses : concrètement et localement.

On parle alors d’HyperLocal, car au delà de la proximité, il s’agit d’actions qui vont se propager et trouver une réalité à quelques centaines de mètres de son domicile. On parle aussi d’hyperlocal, car l’information va se concentrer sur un espace géographique local : un magasin, un immeuble, un monument, un service public…

Les services publics en sont un très bon exemple. Une mairie est le lieu de passage et de demandes qui est en rapport très direct avec les intérêts des citoyens.

L’hyperlocal hyperPrivatif

Maintenant, il faut aussi bien voir que certaines demandes ne peuvent pas être socialisées, ou alors avec une logique privative encore plus forte. D’où le lien entre Hyperlocal et HyperPrivatif. En effet, à mesure qu’on touche à des sujets sensibles ou privés, ils vont effectivement donner lieu à une connexion Hyperlocale certes ils mais devront aussi obéir à une responsabilité plus forte.

La valeur locale est clairement, d’un point de vue Social, un levier sur les nouveaux usages. Maintenant, il est nécessaire de penser encore plus clairement comment les membres sont identifiés, tracés et comment ils se connectent entre eux.

Figure 1 – Exemple de relation Hyperlocale donnée par le Cabinet Uséo cf slideshare

Revenons aux Services Publics, ils sont sans doute à la base d’une nouvelle relation de avec leurs administrés. Par exemple, lors de la construction d’une nouvelle école, plutôt que de mettre en place des structures ad-hoc de réflexion avec les citoyens où  se retrouve seulement ceux qui sont déjà engagés dans la vie associative ou politique, il faut imaginer demain un réseau social hyperlocal qui va articuler uniquement les personnes concernées par ce sujet (en fonction de l’âge de leurs enfants, de leur position géographique) avec la mairie pour travailler ensemble à ce projet. C’est ce que Jamespot projette de faire à terme, au sein du projet LEGILOCAL, projet de R&D financé par la région, le département et le ministère de l’Industrie avec des acteurs comme Lexis Nexis, Témis, le CELSA, Mondeca, le LIPN et nous, qui fournissons la plateforme de Réseau Social Local. Dans ce cas de figure, un des points  clé est de voir comment il est possible de transformer le langage compliqué et structuré du droit civil, avec tout son jargon associé, et le langage de tout à chacun qui ne comprend rien à tout ce jargon administrativo-juridique. L’autre point est celui de la confidentialité des informations. En effet, les prises de position des élus, par exemple, doivent s’inscrire dans un débat qui devient public, ce qui peut poser problème ensuite d’opposabilité… On le voit, il existe des freins naturels à ce développement de l’Hyperlocal même si la tendance est de lever ces obstacles tant la demande citoyenne est forte.

Des commerçants hyper connectés

L’autre dimension de l’Hyperlocal, est bien sur celle du business.  Ce qu’on voit apparaître avec des sites comme Groupon (achat groupé sur des promos), FourSquare (localisation & bons plans), ou encore Nomao (recherche locale de services )… Et c’est principalement sur le mobile que tout va se jouer car c’est avec lui qu’on se retrouve en configuration de présence sur le lieu du service attendu. Maintenant, il est clair que le lien se fait soit avec le commerçant directement (en proposant des bons plans, des réductions…), soit avec un réseau de personnes spécifiques qui concentre le lien avec le service en question. Exit le réseau social de ses amis, qui n’est pas en lien avec le service en question : la probabilité qu’un de vos amis soit à moins de cent mètre de la pizzeria qui vous intéresse est pratiquement nul… alors à quel réseau se fier ? C’est là où il va falloir former un réseau social hyperlocal et hyperprivatif en rentrant en contact avec un inconnu sur des bases autres que l’amitié ou l’univers professionnel. On peut imaginer de très nombreuses idées : se baser sur le graphe social étendu (les amis de mes amis sont mes amis…) : car dans ce cas, la probabilité augmente que quelqu’un dans le coin ou qui connaisse cette pizzéria soit en connexion avec un de vos amis (etc…). L’autre solution est à la « meetic » : définir un profil psychologique et de goûts, non pas pour draguer (quoique…) mais pour échanger avec des affinités électives. Ce ne sont que des exemples…

C’est donc tout l’intérêt pour des acteurs ancrés dans la géographie : services publics, magasins, centre commerciaux, lieux culturels etc… que de monter des réseaux hyperlocaux et hyperprivatifs. Ils vont pouvoir structurer leur communauté de chalandise de manière directe et bâtir une relation sur le long terme avec eux.  Il restera aussi à les connecter entre eux, et avec les géants (Facebook et consors…) pour apporter à l’utilisateur un confort de navigation numérique propre à lui faciliter la vie locale numérique.

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A propos blogjamespot

Mené par 3 entrepreneurs dans le numérique depuis plus de 15 ans, Jamespot porte la vision que le Web transforme et accélère les nouveaux usages autour de l’information pour l’individu et dans l’entreprise. Jamespot édite le site éponyme Jamespot.com, un réseau social qui permet de communiquer à ses amis ce qui nous intéresse sur le Web en un simple clic. Jamespot.com c’est à ce jour, des dizaines de milliers de Spotteurs actifs répartis sur 12 pays. Fort de son succès croissant et de l’adoption spontanée de ce nouveau réflexe, sur le Web, Jamespot décline également une version professionnelle, Jamespot.Pro, pour l’entreprise 2.0 qui impulse la puissance du réseau social au business.
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