Eurocloud Congress, épisode III : Qui gagnera la bataille du Cloud en Europe ?

Session : Impact économique, légal & social du Cloud
Eric Pigal, fondateur de Kognitis. Rafael Garcia del Poyo de Osborne Clarke (EuroCloud Spain), Thierry Fromes (GM Microsoft Luxembourg)

Une métaphore, d’abord : le Cloud est une « Digital energy »… Un nouveau paradigme, sans limitation, comme l’électricité. A première vue, oui, mais comme l’électricité, il faut demander pour avoir plus de puissance. Idem pour le Cloud, comme me le rappelle très justement Matthieu Hug : au-delà de 20 serveurs sur Amazon, il faut demander et expliquer pourquoi… On parle de no-limit. 20, c’est une petite no-limit…

La commission Européenne a décomposé le Cloud en trois parties : Cloud production, Cloud services et Cloud Usage. Le Cloud usage Friendly c’est l’usage du Cloud, ce que pousse la commission. Super ! L’Europe va encourager l’usage du Cloud. Qui le produit ? Les Américains : Amazon, Google, Microsoft ! (Cf Supra) Heureusement, le speaker rappelle que Nelly Kroes, a aussi demandé à ce qu’on soit Cloud Active et donc producteur de Cloud. C’est le scénario « bottom up », où on encourage l’émergence d’infrastructure Cloud au niveau Européen. A-t-on d’ailleurs pensé en France qu’il fallait être Européen ? Numergy, CloudWatt (CloudWhat ?:-) sont-ils Européens ? Non.

Une question de la salle (venant d’OBS donc pas innocente) : Comment définir un « National Cloud ».
La réponse : est-ce une vraie question pertinente ?
Eh bien oui, bonne question : « est-ce que les données resteront assujetties à une législation nationale ? »

On a gagné la bataille du mobile. On a perdu la bataille d’Internet. « Est ce qu’on va gagner ou perdre en Europe la bataille du Cloud ? » lance un intervenant dans la salle.

La création d’emploi doit être favorisée en Europe. Deux analyses : la première qui consiste à penser que les emplois seront là uniquement si on a un Cloud Européen… et d’un autre côté, si on regarde Apple, dit un autre intervenant, de très nombreux projets sont innovants en Europe et bénéficient de la plateforme américaine d’Apple…

Pour ma part, je vois aussi qu’Apple a une valeur en bourse incroyable qu’aucune entreprise « au sein de l’écosystème » Apple n’atteindra jamais. Et que, donc, on a des nains, certes agiles, mais qui resteront des nains car la valeur principale est captée par Apple et que c’est Apple qui définit les règles. La même logique sera à l’œuvre (l’est déjà ???) dans le Cloud : la marge finale arrivera dans le panier des infrastructures du Cloud qui pourront fixer le prix. Espérons donc qu’on aura OVH ou Orange ou SFR ou Vodafone ou un autre en Europe qui sera en capacité de prendre une place centrale d’infra.

Rafael Garcia del Poyo  nous ouvre les questions sur les nouvelles frontières légales du Cloud…

Il nous fait rire en racontant qu’en Europe, dès lors qu’une vache broute dans un pré, on régule la taille de l’herbe, le temps autorisé dans les champs et la quantité de lait qu’on peut produire. Aux US : on produit du lait, on le boit et si besoin, on régule…
Très bon exemple de notre maladie normative. Une maladie de « vieux » : tout prévoir, tout border, tout réguler. Le contraire de la vie : florissante, bouillonnante et parfois explosive…

Le point de vue légal maintenant : IaaS, PaaS ou SaaS c’est la même chose, un contrat avec un Service Provider…
Et soudain, on rappelle que le Cloud n’existe pas au sens d’être dans un nuage car un contrat est toujours relié à un lieu, une juridiction qui règle ce contrat. Le Cloud revient sur terre…  Et sur terre, on retrouve les « gens ». Car le problème principal du Cloud est celui des données personnelles. Avec des règles complexes qui varient d’un pays à l’autre, alors que les personnes se connectent depuis différents pays et que vos données sont hébergées dans un pays … ou dans plusieurs autres. En fait, au niveau du droit, on découvre des situations insoupçonnées. Normal, car, par exemple, le droit de la propriété a été inventé il y a 20 siècles quand le temps et l’espace existaient… Mais dans le Cloud, les deux dimensions sont nulles : le temps est instantané et il n’y a plus de localisation (ou plutôt elle est mouvante). Disons-le : les concepts du droit classique sont en partie obsolètes à l’heure du Cloud.
Puis Rafael Garcia del Poyo  nous exhorte à ne pas demander de lois pour régler les questions du Cloud mais des contrats. Fine ! C’est vrai que les individus et les petites entreprises pourront contractualiser d’égal à égal avec les Google, Amazon etc… Une habitude libérale que de demander à chaque nouvel espace (monétaire, marché unique…) et maintenant au Cloud de déréguler pour mieux asseoir l’asymétrie entre les leaders et les challengers. Non, je pense que le Cloud a aussi droit à un droit positif qui donne les grandes lignes de défense et d’obligation pour les fournisseurs du Cloud. Un bon exemple est celui de la réversibilité…

La technologie change le rapport au droit. Par exemple sur le droit de la propriété intellectuelle : certains vont devoir lâcher quelque chose. Le bon exemple est celui de boire de l’eau avec les mains. Il en tombe. On en perd, mais ce qui compte c’est de boire. Pas de tout garder. Cette métaphore peut s’appliquer sur la question de la propriété dans le monde numérique d’aujourd’hui et notamment dans le Cloud. Qui devra lâcher ? Rafael Garcia del Poyo  n’en sait rien de son propre aveu… on est au milieu du gué. Mais dans 30/40 ans ce sera réglé.

Attendons.

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