Lettre ouverte au CIGREF

Courrier au CIGREF Paris, le 31/10/2012

Monsieur Pascal BUFFARD Président du CIGREF

Monsieur,

Nous apprenons par voie de presse que le CIGREF s’est doté d’un Réseau Social d’Entreprise (RSE). Nous nous en félicitons car le CIGREF est un réseau de grandes entreprises chargées de « promouvoir la culture numérique comme source d’innovation et de performance pour les entreprises ». Vous témoignez ainsi de toute la valeur qu’apportent ces nouvelles solutions.

Cependant, vous avez choisi une solution américaine sans, à notre connaissance, consulter aucun acteur local. Cela nous choque et vous comprendrez que nous soyons attentifs à ce que votre choix ne soit pas compris comme une dénégation des solutions locales.

Le CIGREF est un acteur qui se revendique d’un territoire (entreprises et organismes français ou en France), le CIGREF est un acteur écouté. A ce titre, il devrait avoir un comportement sociétal exemplaire, naturel et assumé.

Il nous semble naturel de favoriser et a minima étudier des solutions locales afin de contribuer à la performance économique de votre / notre territoire. Français ou européen n’est pas forcément gage de qualité, mais votre choix est révélateur d’un grave problème de confiance envers les acteurs économiques du numérique en France. Cela ne favorise pas l’émergence d’acteurs clés, capables d’exporter, de créer des emplois et donc de créer un écosystème dynamique au niveau Européen pour notre industrie du logiciel.

« Toute figure exemplaire est nourricière de confiance » Alain Peyrefitte. Soyez cette figure exemplaire, et de cette confiance nous pourrons créer de la valeur pour notre Société.

Peut-­‐être nous trompons-­‐nous mais notre émoi est bien réel. Nous sommes bien entendu à votre disposition pour échanger et dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de recevoir, Monsieur, nos salutations distinguées.

Signataires (ordre alphabétique)

Vincent BOUTHORS, PDG et co­‐fondateur de Jalios
Benoît DROULIN, Président et co­‐fondateur d’Azendoo
Ludovic DUBOST, PDG et fondateur de XWiki
Emmanuel DOUAUD, Fondateur de SeeMy
Alain GARNIER, PDG et co­‐fondateur de Jamespot
Patrick Michels, PDG et fondateur de Knowings
Antoine Perdaens, CEO et co‐fondateur de Knowledge-­‐Plaza
Sunny PARIS, Président et fondateur de Yoolink
Philippe PINAULT, PDG et fondateur de TalkSpirit

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Mené par 3 entrepreneurs dans le numérique depuis plus de 15 ans, Jamespot porte la vision que le Web transforme et accélère les nouveaux usages autour de l’information pour l’individu et dans l’entreprise. Jamespot édite le site éponyme Jamespot.com, un réseau social qui permet de communiquer à ses amis ce qui nous intéresse sur le Web en un simple clic. Jamespot.com c’est à ce jour, des dizaines de milliers de Spotteurs actifs répartis sur 12 pays. Fort de son succès croissant et de l’adoption spontanée de ce nouveau réflexe, sur le Web, Jamespot décline également une version professionnelle, Jamespot.Pro, pour l’entreprise 2.0 qui impulse la puissance du réseau social au business.
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34 commentaires pour Lettre ouverte au CIGREF

  1. Loïc Merlin dit :

    A la tête d’une petite entreprise française de services informatiques (au sens large), je suis de près, depuis quelques années déjà, les travaux du Cigref. C’est à ce double titre qu’il me semble que s’il y a un procès qu’on ne peut pas faire au Cigref c’est de lui nier « un comportement sociétal exemplaire, naturel et assumé ».

    J’en veux pour preuve les nombreux rapports qu’ils publient et rendent accessible à tous – et pas seulement à leurs grandes entreprises – et les travaux de recherche de leur Fondation dont je viens de voir qu’ils sont également publiés et accessibles sur leur site http://www.fondation-cigref.org/
    Alors je ne sais pas sur quels critères ils ont choisi leur solution RSE, mais pourquoi ne pas imaginer simplement que c’est celle qui répondait le mieux à leurs besoins et pas parce qu’elle était américaine ?

    Les concurrents français signataires de cette lettre n’ont pas été approchés par le Cigref, et alors ? Toutes les offres sont directement accessibles sur le web – je les ai moi-même consultées. On ne peut pas se revendiquer acteur éminent du web participatif et revendiquer d’être sollicité « intuitu personae » comme au 19è siècle !

    Non, ce procès fait aujourd’hui au Cigref semble davantage relever : au mieux d’un opportunisme médiatique « acheter français » et au pire d’un état d’esprit très mauvais joueur.
    Il me semble que ces entreprises françaises feraient mieux de travailler à rendre leurs offres plus attractives plutôt que de pleurnicher de ne pas avoir été choisies !

    • Loic, la lettre ouverte n’est pas pleurnicharde contrairement à ce que vous voulez faire croire. Mais plutôt un questionnement de cet association qui d’un côté proclame stratégique les PME innovantes (cf CIGREF http://t.co/zcbBKvOq) et d’un autre côté agit de manière radicalement différente.

      Ensuite, vous dites que les entreprises françaises feraient mieux de travailler à rendre leurs offres plus attractives. C’est exactement ce qu’on dénonce. Les offres françaises, en l’occurrence RSE sont aussi attractives voir meilleures aujourd’hui que leurs homologues US. Cf les nombreuses associations qui se sont équipées de ces solutions.
      Pourquoi alors penser de facto que leur produit est leur point faible? C’est justement ce que cette lettre dénonce : un a priori défavorable pour le numérique local. Dont votre commentaire est un exemple patent.

      Enfin, et c’est peut être le plus grave à mon humble avis. Les entreprises du CAC40 – et donc celles qui sont au CIGREF – bénéficient, directement ou indirectement d’un protectionisme national ou européen : le gaz, l’électricité, les contrats de défense, les télécom, la grande distribution etc… bénéficie de régimes ou les entreprises étrangères ne peuvent pas s’implanter et vendre comme elles le veulent. N’a t on pas vu récemment l’industrie automobile par exemple demander des aides? des quotas?
      Pourquoi le numérique serait « hors norme ». Et pourquoi, ce que les acteurs du CIGREF demandent pour garder leurs entreprises viables ne pourrait pas s’appliquer aux acteurs du numérique? Encore plus quand il s’agit des PME.

      Apple est devenue la première entreprise américaine. Il est urgent qu’on s’attelle en Europe à faire grandir un ecosystème numérique conséquent. Cela passe par une prise de conscience, un changement des mentalités et aussi des lois, des investissements aux regards de ces enjeux.
      Ne soyons pas naifs. Ne nous mentons pas. C’est la question qu’on pose au CIGREF.

  2. Katia dit :

    Bonjour,

    Je vous comprends dans les motifs qui vous motive.
    Je pense qu’il faut effectivement provoquer le débat et l’échange car il ne faudrait pas tomber dans le procès d’intentions. Ce qui peut être intéressant c’est d’avoir un retour et pourquoi pas que cela puisse nous permettre d’évoluer.

    Il me semble important qu’entre éditeur français qu’il y ait une solidarité et je félicite cette iniatitive, courageuse et qui provoquera espérons-le le débat.

    Je suis assez étonnée de lire des propos aussi virulent de la part de Loic Merlin et je ne crois pas que les entrepreneurs de ces entreprises ont pris le temps de se réunir pour juste pleurnicher.
    Quand aux offres, elles sont en perpétuelles évolutions et contrer un géant américain sans en avoir les moyens se révèlent délicats.

    Une fédération comme le Cigref rassemble les DSI et donne une image qui envoie un message au-delà d’un simple usage interne. Il me semble que les éditeurs français auraient dû être approchés. Le CIGREF donne l’exemple dans le rôle qui lui est alloué et si effectivement le RSE choisi a des fonctionnalités que d’autres éditeurs français n’ont pas c’est un début de réponses, mais ne justifie pas à mon sens pourquoi ne pas les avoir consulter.

    Je suis personnellement solidaire au mouvement et je pense que les éditeurs français ont intérêt à se regrouper et à casser les idées reçues!

    A l’heure du numérique, et du 2.0, il est temps de se rassembler, de jouer collectif et collaboratif, et dans la solidarité et à mon sens c’est un bel exemple d’un balbutiement de collaboration!
    On est parfois concurrent mais au final on a tous intérêt à ce que les entreprises françaises réussissent!

    Par ces temps de crise, le gouvernement appelle à la solidarité de chacun et chacune et pourquoi les entreprises françaises n’auraient pas droit d’appeler elle-même à un élan de solidarité?

    A mon sens, ce mouvement souhaite provoquer le débat, et une prise de conscience, et non un jugement sur la place publique.

  3. Vincent dit :

    @Garniera
    Qu’il y ait urgence à « faire grandir l’écosystème numérique en Europe » et précisément en France, c’est on ne peut plus vrai ! Mais pour que cela passe par « une prise de conscience, des lois, des investissements… » ce n’était pas une lettre ouverte au CIGREF qu’il fallait faire mais au ministre Montebourg !
    Que les offres françaises soient attractives, c’est sûrement vrai. Mais si le CIGREF avait choisi l’une d’entre elles, il l’aurait fait sur au moins un critère défférenciant, ça n’aurait pas été choquant ? Si ce ou ces critères se trouvaient sur une offre américaine ça le devient ? Ca veut dire que vous avez tous des voitures françaises ?
    Et puis je suis assez d’accord avec Loïc quand il dit qu’on ne peut pas faire ce type de procès au CIGREF quand on voit comment il se défonce justement pour valoriser l’écosystème numérique ! Non, à mon sens les éditeurs de RSE se sont trompés de cible…
    Vincent
    simplement geek !

  4. Hum…

    Pour ma part, j’avoue être très surpris de vos griefs envers le Cigref qui me laissent un goût de procès d’intention plutôt que d’une réelle analyse.

    Je connais peut-être moins bien que vous le Cigref, mais comme Loïc Merlin ci-dessus, je pense que s’il y a un procès qu’on ne peut pas faire au Cigref c’est de lui nier « un comportement sociétal exemplaire, naturel et assumé ».

    Je préfère me limiter à ce que je connais bien, et c’est donc mon propre exemple que je vais donner.

    Je suis le fondateur d’une petite agence Web nommée AxeNet. Toute petite, puisque nous ne sommes que 5 personnes. Très française, puisque nous sommes installés à Cergy Pontoise et que contrairement à beaucoup, nous réalisons nos travaux sur place sans sous-traiter dans des pays à la main d’oeuvre technique peu couteuse.

    Et bien c’est à nous que le Cigref a confié la réalisation de son site internet. Pour preuve notre signature en bas des pages du site.

    Alors non seulement le Cigref sait prioritairement faire appel au savoir-faire local, mais en prime ils ont le mérite de faire travailler de petites sociétés. Un comportement pour le moins exemplaire lorsque l’on sait a quel point les petites entreprises encaissent plus douloureusement que les grosses la crise actuelle.

    Je suis aussi surpris d’un autre point. Plutôt qu’une lettre ouverte de ce type (qui a le mérite de faire du vent pour faire parler, j’en conviens), pourquoi n’avez-vous pas simplement envoyé un mail au Cigref afin de savoir si ce choix que vous dénoncez n’est pas simplement conjoncturel ?

  5. Svetlana dit :

    Assez surprenant quand on lit les noms des sociétés des signataires, très anglophone non ?

    • RonanKER dit :

      Pour info, une société ou un produit Français qui aurait un nom très francophone, n’arrive pas du tout à se vendre à l’étranger… De nombreuses sociétés dans tous les domaines ont changé de nom ou le nom de leurs produits ces dernières années dans l’unique but de mieux s’exporter.

      • +1 je confirme. C’est bien ce qui « prouve » le tropisme américain pour le numérique.
        Si on produisait des parfums, ce serait exactement le contraire! Il faudrait un nom Francais…

  6. Je découvre cette accusation faite au CIGREF avec stupéfaction ! Comme Loïc Merlin, Vincent et Axe-Net, je pense qu’on ne peut vraiment pas faire ce type de procès au CIGREF !
    Et pour cause : je suis une TPE du Loiret et pour autant le CIGREF m’a confié la réalisation de certains de ses supports numériques.
    Comme Axe-Net je m’interroge : si ce procès fait au CIGREF ne relève pas d’une opportunité médiatique dénoncée par Loïc, mais d’une simple question comme le laisse entendre @Garniera, pourquoi ne pas avoir interrogé le CIGREF directement sur son choix ?

  7. Sunny Paris dit :

    @axenet à partir du moment où le CIGREF communique dans la presse sur son RSE et met en avant le choix d’une solution américaine il est normal que nous réagissions de façon publique non ? De façon plus générale il y a un tropisme pour la côte ouest des états-unis d’un très grand nombre de décideurs, journalistes, bloggeurs français il est important de le signaler publiquement et de dire que non seulement les solutions Françaises n’ont souvent rien à envier au solutions américaines mais qu’en plus la proximité géographique est un atout réel dans la relation client / fournisseur et l’accompagnement à l’usage d’un service (les 9h de décalage horaires avec SF sont loin d’être un avantage en cas de pb technique ou tout simplement de question)..
    Le non dialogue avec les acteurs locaux est d’autant plus incompréhensible que parmi les membres du CIGREF il y a OSEO qui aide de façon significative les entreprises innovantes en France.

  8. AxeNet dit :

    @ Sunny
    Vos arguments régionaux sont les miens habituellement, je ne les contredirais donc pas et je les soutiens fermement.

    Mais d’ailleurs, rien ne dit que le prestataire qui va déployer et maintenir la solution retenue n’est pas français.
    Bref, nous en saurons sans doute plus lorsque le Cigref se sera exprimé sur le sujet. J’ai réagi, car j’ai particulièrement apprécié la philosophie du Cigref en travaillant avec. Elle me semble bien loin de celle qui leur est reprochée.

  9. @Loïc Merlin : Pourquoi « pleurnicher de ne pas avoir été choisies » ?

    Le problème n’est pas de ne pas avoir été choisi. Il est de ne pas avoir été consulté. Et quand à l’importance de l’enjeu, vous en faites la démonstration vous-même en supposant que « ces entreprises françaises feraient mieux de travailler à rendre leurs offres plus attractives ». C’est bien le message implicite et fort heureusement inexact qu’induit le choix du CIGREF.

    Il est temps en France de prendre confiance en soi !

  10. @AxeNet Moi aussi j’ai été surpris par l’attitude du CIGREF. Et quand on veut donner l’exemple il faut encore plus être exemplaire….
    Quand à l’accompagnement… A croire que vous préparez le terrain de leur réponse. Car, il est notoirement connu que ClearVale est distribué en France par une société Francaise qui en assure le service local. Donc, oui 100% de probabilité que ce soit une société FR qui soit à la manoeuvre.
    ET justement, là aussi est notre combat : la France est connue pour ses sociétés de services fortes. Car, en effet, le service est difficilement délocalisable « complètement ». Un consultant doit bien venir en réunion en vrai à un moment ou à un autre. Mais en ce qui concerne le produit logiciel, c’est très différent. Qui plus est en mode SaaS c’est 100% de la valeur qui part. Car pour fournir un service SaaS pas besoin d’avoir de production locale. Et en plus, pas de taxes : pas de CSG, de charges et même parfois pas de TVA. L’état touche 0. L’économie locale touche 0. L’investissement local touche 0….
    C’est pourquoi plus encore que pour les autres industries, il faut une économie numérique « produit » forte.

  11. @AxeNet @i-mediapat : le CIGREF est votre client (comme indiqué dans le communiqué officiel du CIGREF) …ce que confirme votre soutien. Qui ne pourrait pas soutenir son client! De manière spontanée j’imagine. Car vous suivez toute l’actualité sur le net le concernant 🙂
    Pas de souci. C’est de bonne guerre. 🙂

  12. AxeNet dit :

    @ Garniera
    J’aurais été bien incapable de préparer leur réponse, mais cela semblait évident, non ?
    Vous imaginez bien les galères du décalage horaire sans cela (comme le précisait « Sunny »)

    Bon, la dessus, je n’en rajouterai pas, ils ont en effet publié une réponse, ou je vois que nous ne sommes pas la seule petite boite française qui travaille pour eux. Le Cigref est plus concerné que nous et leurs explications seront sans doute bien plus pertinentes que les miennes sur ce sujet précis.

  13. AxeNet dit :

    @ Gerniera
    Pour ce qui nous concerne, notre job est en bonne partie le SEO.
    Nous avons donc forcément des alertes sur les noms de nos clients, le contraire serait une faute professionnelle.
    Et quant au fait que le Cigref est notre client, c’est clairement ce que je vous dit dans mon premier commentaire. Vous ne l’avez pas lu ? C’est bien pour cela que je suis très bien placé pour vous dire qu’ils font appel à des entreprises locales.

  14. @garniera
    Votre sous-entendu sur la spontanéité de ma réponse dénote l’état d’esprit dans lequel vous êtes !
    Oui, en tant que prestataire faisant preuve d’un minimum de professionnalisme, j’ai depuis longtemps une veille sur ce qui touche au CIGREF. Comme vous sans doute j’imagine pour vos clients ? Non ? Alors le CIGREF a bien fait de ne pas vous choisir !

    Et de fait, je sais prendre mes décisions quand je vois que ce procès fait au CIGREF est hors de propos ! Je travaille pour lui, donc je suis sans doute mieux placé que vous pour en juger, d’autant que je suis la preuve que le CIGREF donne effectivement sa chance aux petites entreprises françaises chaque fois que c’est possible !
    Premier point qui montre que votre procès est infondé et opportuniste !

    Maintenant, votre principale accusation est semble-t-il que les éditeurs français n’ont pas été approchés par le CIGREF… or je lis, dans sa réponse – http://www.cigref.fr/rse-cigref-reponse-lettre-ouverte – qu’il a benchmarké 80 solutions et étudié celles installées chez ses entreprises membres.
    Second point qui montre que votre procès est infondé et opportuniste !

    Et comme le dit très bien Vincent, « si le CIGREF avait choisi une solution française plutôt qu’une autre, il l’aurait fait sur des critères différenciants par rapport aux autres solutions françaises. Pourquoi ne pas admettre honnêtement qu’il ait trouvé ces critères dans une solution américaine ?

    Mais c’est sans doute ce que l’on appelle de la bonne foi !

    • @i-mediapat : La société qui a conseillée le CIGREF a choisi pour elle même ClearVale et en est distributeur… alors qu’elle regarde les 80 (????) offres du marché, sans doute. Mais sont intérêt est bien clair : proposer ClearVale de Broadvision plutôt que les autres. Elle ne s’en cache pas d’ailleurs.
      Quand à l’opportunisme. Si vous appelez opportunisme le fait de réagir sur un événement ponctuel. Alors oui c’est opportun d’en parler à ce moment là pour sensibiliser l’Ecosystème.
      Car, le collectif ne souhaite pas changer le choix du CIGREF sur ce coup là, et gagner un contrat. Ne vous méprenez pas.
      Ce qu’on souhaite c’est montrer combien en France on ne joue pas assez collectif dans l’Ecosystème et que comme le dit très bien Bertrand Duperrin dans son dernier commentaire, les éditeurs Francais ont « un boulet au pied » dans leur croissance.
      Or, ce boulet est aussi le résultat de décisions comme celle du CIGREF. C’est ce qu’on souhaite montrer.
      Et vous voyez, plutôt que se de battre entre entreprises du même bassin d’emploi, de compétences etc… on devrait plutôt se demander comment faire pour grandir ensemble.

  15. Bonjour Alain,
    J’avais suivi cette affaire de loin lorsqu’elle a émergé car j’étais « coincé » dans une conférence à l’étranger quand la controverse a démarré. Ton billet est la bonne occasion de partager deux ou trois choses qui ne sont bien sur que mon propre point de vue.
    Tout d’abord je n’ai jamais vu d’entreprise choisir une solution en raison de sa nationalité. Je ne dis pas que ça n’arrive pas, loin de là. C’est juste marginal à mon avis.
    Ce qui manque peut être dans l’argumentation du CIGREF c’est sa grille d’évaluation et sa pondération. Qu’est ce qui a fait la différence ? Le fonctionnel ? Le pricing ? Le look and feel et un vague ressenti ? Autre chose ? Tant qu’on ne sait pas ça on est bien en peine d’avancer.

    Par contre laisse moi déplacer le débat sur un autre terrain. Ce qui me préoccupe le plus n’est pas tant qu’un organisme « représentatif » français choisisse une solution étrangère pour peu que le choix soit objectif. C’est le fait qu’il est difficile voire impossible à une solution française, aujourd’hui, de prétendre signer de telles affaires à l’étranger. Qu’on ne me dise pas que les produits ne sont pas à la hauteur, qu’on est mois bons, que…. tu sais comme moi que c’est faux et archi faux. Nos acteurs sont ou ont été à un moment de leur existence meilleurs que leurs concurrents étrangers…mais ont du mal de passer à la vitesse supérieure par eux même. Et si ça n’est pas leur faute c’est plutôt du coté du « système » qu’il faut rechercher.

    Si nos champions ne donnaient pas l’impression de faire la course depuis le départ avec un boulet au pied sur un marché où on plafonne vite si on ne reste qu’un champion local je pense que l’épisode CIGREF serait passé totalement inaperçu car négligeable en dépit de sa valeur symbolique.

  16. Philippe ROSSI (@filrss), Président de Nelis.fr (Petite entreprise Française) et fournisseur du CIGREF depuis plus de 4 ans :

    Voilà bientôt 4 ans que nous équipons le CIGREF pour leur gestion documentaire interne et leur relation Membres et depuis Juin 2012 pour leur RSE interne en complément du choix de la solution américaine (qui s’appuie sur la notre).

    Pour apporter un témoignage pragmatique, je me souviens très bien à l’époque lors de l’appel d’offres que nous étions 4 sociétés en shortlist et la seule société Française face à des géants dont vous connaissez tous trop bien les noms. Nous étions une jeune entreprise avec un produit innovant Français. Il aurait été facile et certainement moins risqué de faire le choix d’une solution Américaine pour le CIGREF, mais ce choix, ils ne l’ont pas fait, privilégiant ainsi l’innovation Française cette année là.

    Même si je comprends cette lettre ouverte, je ne peux abonder dans son sens, le CIGREF étant une institution de ma propre expérience sérieuse dans ses réflexions et ses études toujours très riches et poussées.

    Enfin je peux vous rappeler que près de 90% des solutions de RSE sont américaines, qu’il y en a vraiment beaucoup (plus de 26 lors de mon dernier référencement).

    • @Philippe Rosi : Bonjour, j’ai suivi en effet le choix Nélis. J’en ai même fait état dans un de mes commentaires. Voilà en effet un choix courageux à l’époque. Qui je sais, vous a été utile pour votre croissance. D’ou notre réaction. Le CIGREF a valeur d’exemple. Et je me félicite qu’en son temps il vous ai donné cette opportunité.
      Il existe pas mal de solution américaine en effet. Mais 9 solutions FR ont signées cette lettre. Ce qui en fait 9/26 (si je prends vos chiffres) plutôt 30% de françaises… donc l’embarras du choix.

  17. @BetrandDuperrin : Je pense que ta dernière phrase « Si nos champions ne donnaient pas l’impression de faire la course depuis le départ avec un boulet au pied sur un marché où on plafonne vite si on ne reste qu’un champion local je pense que l’épisode CIGREF serait passé totalement inaperçu car négligeable en dépit de sa valeur symbolique. » résume très bien la situation…
    Car répétons le, le contrat CIGREF a valeur de symbole avant tout. Pas plus.
    Et on sait par ailleurs que le CIGREF a su dans le passé faire preuve d’innovation, comme par exemple pour Nélis. Mais ce coup là, dans un contexte économique ou les américains dominent de plus en plus le jeu, oui l’acte du CIGREF apparait comme déplacé.

    Et c’est pourquoi, sachant que le CIGREF souhaite aider les PME innovantes, nous souhaitons voir avec lui comment dépasser cet acte manqué pour que le secteur du numérique en France ne soit pas « manqué » dans son ensemble.

  18. Gilles Leroy dit :

    @Garniera : Moi aussi je suis depuis le début ce mauvais procès fait au CIGREF et je trouvais bien triste, quand on se soucie véritablement de l’intérêt des PME françaises, la démarche des éditeurs français de RSE, parce qu’à mon avis totalement contre productive !
    Je trouve le CIGREF particulièrement beau joueur de proposer dans sa réponse de promouvoir néanmoins les offres françaises !
    Alors, quand vous dites maintenant vouloir « voir avec lui comment dépasser cet acte manqué pour que le secteur du numérique en France ne soit pas « manqué » dans son ensemble », je me dis que vous auriez vraiment dû commencer par là ! Il suffisait de prendre contact directement avec le CIGREF, et j’imagine qu’il n’aurait pas « manqué » de vous répondre.
    Il semble bel et bien qu’en tentant ce coup médiatique ce soit vous qui ayez grandement nuit aux PME françaises.
    J’ai vu passer sur tweeter le slogan « ce qu’il dit… ce qu’il fait » or en l’occurrence, le CIGREF semble faire beaucoup plus que ce qu’il a dit déjà dans la presse sur ses travaux (ce que vous avez remis en cause sans aucune légitimité…) en vous tendant la main malgré tout !
    Alors il me semble que le moins que vous puissiez faire maintenant pour les PME françaises que vous voulez défendre, c’est un vrai mea culpa !
    Merci d’avance pour elles dont je suis… (même si je ne fais pas de RSE!)

    • RonanKER dit :

      A mon avis personnel, dans ce genre de situation, la lettre ouverte est totalement adaptée, c’est juste une procédure de transparence qui semble un peu tous vous chambouler dans vos habitudes d’introvertis.
      Par ailleurs, même si le CIGREF fait un travail remarquable quotidiennement depuis des années, il aurait été plus judicieux dans sa réponse soit de confirmer une volonté forte et justifiée dans ce choix soit d’admettre ne pas avoir pris le temps de suivre sérieusement l’affaire et se déporter sur un prestataire qui malheureusement à un parti pris.
      Il est strictement impossible de me faire croire qu’aucune solution Française ne répondait à leur besoin, sachant qu’aucune société française n’a été consulté pour leur besoin.

  19. REFLEXE Technologies est un éditeur français de progiciel innovant. A ce titre, nous avons pu faire connaître notre offre auprès du CIGREF et nous pouvons témoigner que l’écoute et l’attention de nos interlocuteurs a été à la fois bienveillante et de qualité.

  20. @Gille Leroy : Je ne vous suis pas. Ce n’est pas un mauvais procès. D’autant que ce que je trouve étonnant. C’est que les prises de positions publiques émanants de sociétés proches du CIGREF sont toutes à louer les mérites de ce haut lieu du soutien des PMEs… mais que tous les interlocuteurs (PME) que j’ai en direct me disent des choses très différentes.
    Notamment de leur difficulté de grandir dans les grands comptes car les DSI ont assez systématiquement le réflexe de passer aux leaders (et donc aux américains) dès lors que les contrats montent en volume.
    Donc, oui, on l’assume. Ce n’est pas le CIGREF client mais le CIGREF relai auprès de ses membres auquel on s’adresse. Pour que le mouvement qui fait que le numérique devient une priorité nationale devienne une réalité concrète.
    Notre choix d’en appeler publiquement n’est pas un « coup de pub médiatique » comme vous dites mais un changement en effet de ton, qui n’est plus d’être dans l’omerta et les arrangements mais de dire publiquement une situation pour avancer.
    Ce que je constate en tout cas, c’est que lorsqu’un grand compte est attaqué. Aucun de ses confrères ne lui envoie en plus des skuds. Ils se serrent les coudes. Alors que ce qui caractérise les PME c’est justement le contraire…
    Ca ne vous a pas échappé quand même que ces 9 éditeurs représentent quasiment l’intégralité du marché RSE en France? Ce n’est pas un acte isolé. Mais bien un questionnement collectif.

  21. Gilles Leroy dit :

    @Garniera, désolé de vous contredire, mais à mon sens c’est un mauvais procès à double titre. Pire, une erreur stratégique…

    Le premier au sens où ce que vous sembliez initialement reprocher au Cigref c’est de ne pas avoir consulté les offres françaises. Il vous a répondu qu’il a non seulement vu 80 solutions mais aussi étudié les retours des solutions françaises et autres de ses entreprises membres.
    Qui plus est, le Cigref est connu pour ses rapports sur les différentes problématiques de notre écosystème. Je les lis attentivement. Donc nul doute qu’il soit mieux placé que beaucoup pour connaitre ce qui se fait sur le marché des RSE !

    Le second, c’est que je ne vois pas quelle entreprise dont le ou les dirigeants ayant un tant soit peu le sens des responsabilités, choisirait un service ou un produit en fonction de sa seule origine française ! C’est encore plus vrai pour une solution RSE dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle doit avant tout être adaptée à l’usage et aux personnes, autrement dit que l’entreprise : managers, personnels, partenaires, membres, etc. doit se sentir bien avec ! comme une paire de chaussures 😉 !
    De plus, je ne vais pas vous apprendre votre métier, mais il faut que le RSE s’insère dans un environnement technologique, dont on peut supposer que celui du Cigref, en tant que tel, a ses propres spécificités.

    Un RSE ne s’installe pas pour 8 jours, ni pour 8 mois… il doit s’inscrire dans la durée. Donc son choix n’est pas anodin et doit avant tout autre critère, coller à l’entreprise au plus près de ses besoins. Comme l’a dit Vincent, si le Cigref avait choisi une solution française, il l’aurait fait parce que celle-ci aurait répondu à ses besoins. Pourquoi ne pas accepter l’idée que la solution qu’a choisie le Cigref répond simplement à ses besoins ? Vous, en tant que chef d’entreprise, vous vous interdisez tout produit qui réponde aux besoins de votre entreprise s’il n’est pas français : logiciels, tablettes, ordinateurs, smartphones, voitures, et j’en passe ?

    Par ailleurs, je lis ci-dessus que le Cigref ne s’inscrit pas dans un principe idéologique qui consisterait à repousser les PME ni même les TPE françaises ! Puisque visiblement il a plus de ces petites entreprises françaises comme prestataires que de grandes !

    Donc oui, je persiste, c’est un mauvais procès qui est fait au Cigref. A mon sens, en choisissant son RSE il n’a envoyé aucun signal à personne, ni pour dire « achetez US », ni pour dire « untel est mieux qu’untel ». Non, il a juste choisi un RSE qui réponde à ses besoins. D’autant qu’il a forcément ouvert ce chantier bien avant que la crise provoque la campagne « achetez français » !

    Et si je partage votre avis sur le fait qu’il est plus que navrant que « le numérique ne soit toujours pas une priorité nationale ni une réalité concrète », cela relève des politiques et non du Cigref. Donc j’aurais applaudi une lettre ouverte que vous auriez adressée au Gouvernement pour qu’il fasse du numérique français une priorité nationale. Je ne suis pas loin de penser qu’en allant voir le Cigref, votre collectif aurait même obtenu de lui son soutien à une telle lettre ouverte car il me semble avoir lu quelque part qu’il était présent à l’E-G8 justement pour contribuer à la compétitivité par le numérique.

    Alors, un changement de ton d’accord, mais auprès des bons interlocuteurs, sauf à vouloir être contre productif en ce qui concerne justement l’économie numérique française…

  22. @Gilles Leroy : Je ne reprends pas la controverse. J’entends bien que vous pensez qu’on aurait pas du dire tout haut ce que beaucoup ont pensés très fort mais tout bas au motif que le CIGREFa su se montrer vertueux de nombreuses fois…
    Mais arrêtons là le débat stérile.
    Car vous avez entièrement raison. Ce qui compte c’est de passer à l’étape suivante et faire que le gouvernement comprenne ces enjeux.
    Et je suis sur que la dessus nous pouvons tous trouver un terrain d’entente.
    D’autant que le moment est propice à faire avancer cette cause.

  23. Je suis toujours surpris de constater en lisant ce genre d’échanges par lettres interposées que l’on fini souvent (toujours ;-)) par ne jamais vraiment répondre à la question de fond.

    Il me semble que les éditeurs co-signataire cherchaient à comprendre quels pouvaient être les raisons qui ont conduit à ce qu’aucun d’entre eux n’aient été sollicités sur cette consultation. Aucune réponse sur ce point n’est réellement apportée dans la lettre du Cigref.

    Connaissant particulièrement bien toutes ces solutions, je dois admettre que c’est très surprenant car nombre d’entre elles se situent plus qu’en bonne place dans les référentiels comme ceux de Lecko par exemple. Sans engager plus avant le Cigref, une consultation de certains de ces acteurs auraient certainement pu apporter un regard complémentaire et enrichissant la réflexion du Cigref. Sans oublier que les éditeurs s’enrichissent également de toutes ces consultations qui contribuent à faire avancer leurs réflexions et à identifier les usages qu’ils auront à adresser demain…

    Alors juste comprendre quels critères objectifs ont concouru à l’élimination de ces solutions serait une contribution interessante et utile pour faire avancer le marché des éditeurs français.

  24. Ping : Le blog des consultants Lecko » Les éditeurs RSE français doivent être davantage 2.0

  25. Ping : Communiqué du CIGREF et des éditeurs français de RSE | Jamespot le blog

  26. Gilles Leroy dit :

    Et bien voilà ! je viens de voir le communiqué sur le site du Cigref http://www.cigref.fr/communique-du-cigref-et-des-editeurs-francais-de-rse qui accepte de collaborer avec les éditeurs français de RSE (malgré la façon dont ils se sont comportés avec lui…) ! Quand on vous le disait qu’il aurait fallu commencer par interroger le Cigref !!! Ce n’était pas pour dire tout bas ce que certains pensaient tout haut… mais bel et bien pour ne pas tirer une balle dans le pied des éditeurs français en se dénigrant eux-mêmes vis-à-vis de la concurrence étrangère !
    Quand même, le Cigref c’est la classe… je ne sais pas si j’aurais accepté d’aider ceux qui ont essayé de flinguer ma réputation…

  27. Ping : L’innovation française financée par les achats publics ? | Jamespot le blog

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