Le réseau social : espace de reconquête. Tribune d’Alain Garnier pour le magazine « Documentaliste – Sciences de l’information – Volume 50 »

Revue de Presse 2

Quels scénarios dans 5o ans ?

L’évolution du monde de l’information numérique est en accélération vertigineuse et, avec elle, celle du rôle du professionnel de l’information. La multiplication des systèmes d’information numérique lui donne l’opportunité d’affirmer son rôle d’infomédiaire au sein des réseaux sociaux d’entreprise.

Le réseau social : espace de reconquête.

Aujourd’hui, que l’on soit au travail ou chez soi, nous avons accès à une documentation vertigineuse. Et nous sommes libres de la consommer comme bon nous semble : au format papier ou au format numérique sur son ordinateur, son Smartphone ou sa tablette. Nous avons même accès à la plus grande encyclopédie jamais construite par tous : Wikipédia. Enfin, et pour ne citer que lui, nous avons aussi accès à l’intégralité de la publication humaine par le biais de Gallica, le fond de documentation qui centralise plus de 2,5 millions d’ouvrages consultables et téléchargeables en ligne !

Des systèmes numériques qui se multiplient

C’est un fait : en entreprise, le « centre de doc », comme on l’appelle affectueusement, a perdu de sa centralité. Il n’est plus le passage obligé vers le savoir. Au contraire, l’accès au savoir est aujourd’hui perçu – à tort ou à raison – comme en dehors de ce cercle puisqu’aujourd’hui, chacun peut trouver en un clic une information immédiate dans son business. Dans le même temps, les systèmes numériques se multiplient et, de quelques systèmes centralisés, on glisse peu à peu vers des milliers de systèmes qui regorgent d’informations… avec en prime une obsolescence programmée par la vitesse d’innovation.

Reprenons le parallèle de nos documentalistes d’antan : leur rôle est apparu lorsque la « bibliothèque du monde » s’est enrichie. Au point que chaque entreprise de taille conséquente a dû se doter d’un infomédiaire pour faire le lien entre les demandes et les contenus.

Regardons demain : l’augmentation des systèmes produit aussi un Babel numérique,  plus uniquement de contenus mais de contenants, qui deviennent également multiples. Cette nouvelle dimension renvoie toujours à la même question : où se trouve l’information pertinente ?

La reconquête d’un rôle de médiation

C’est donc à un espace numérique gigantesque que le professionnel de l’information se trouve désormais confronté. Il n’est plus le responsable d’un centre de documentation physique, avec la centralité que cela suppose, mais peut gagner en échange un rôle positif en devenant l’intermédiaire des échanges numériques. Cette reconquête d’un rôle qui trouvait son aura et sa force par le passage obligé dans le lieu physique se fera donc là où se trouvent numériquement parlant les personnes de l’entreprise : ce n’est plus dans les couloirs, dans le lieu sacré de la documentation mais dans ce nouvel espace collectif où l’entreprise se projette elle-même comme une existence numérique réifiée. Dans ce qu’on appelle aujourd’hui le réseau social d’entreprise : un espace où chacun à une identité, produit ses activités, publie le contenu qu’il génère, collabore en projets, effectue la veille, etc. Aujourd’hui sous forme très textuelle, avec quelques attributs multimédias (photo et vidéo), cet espace numérique pourrait avoir demain une forme plus aboutie et métaphorique sous une forme proche des jeux vidéos par exemple.

C’est dans cet espace que professionnel de l’information a toute sa place pour enrichir les interactions et pour penser et organiser des propositions de rencontres à l’intérieur du réseau, entre les « bonnes » personnes mais aussi entre les personnes et leur attentes en informations et savoir : que ce soit en désir immédiat ou en potentiel, afin de les nourrir, de leur ouvrir des horizons que l’opérationnel et la pression de chaque instant ne leur permettent plus de découvrir.

Projetons-nous encore plus loin : quand les écrans ne seront plus posés sur les bureaux mais dans nos lunettes, quand l’ordinateur n’obéira plus à nos doigts via le clavier mais à nos gestes et à notre pensée, l’essentiel sera pourtant encore là : celui d’être humain avant tout !

Un article rédigé par Alain Garnier pour Documentaliste – Sciences de l’information – n°4 Décembre 2013

 

Pour en savoir plus sur Jamespot, ou sur les RSE :

Bouton testez logoBouton ecosystèmeBouton 285 ; 110 rappel 2Bouton 285 ; 110 Mercredi

Publicités

A propos blogjamespot

Mené par 3 entrepreneurs dans le numérique depuis plus de 15 ans, Jamespot porte la vision que le Web transforme et accélère les nouveaux usages autour de l’information pour l’individu et dans l’entreprise. Jamespot édite le site éponyme Jamespot.com, un réseau social qui permet de communiquer à ses amis ce qui nous intéresse sur le Web en un simple clic. Jamespot.com c’est à ce jour, des dizaines de milliers de Spotteurs actifs répartis sur 12 pays. Fort de son succès croissant et de l’adoption spontanée de ce nouveau réflexe, sur le Web, Jamespot décline également une version professionnelle, Jamespot.Pro, pour l’entreprise 2.0 qui impulse la puissance du réseau social au business.
Cet article, publié dans Nos actualités, Nos chroniques et tribunes, Revue de presse, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Le réseau social : espace de reconquête. Tribune d’Alain Garnier pour le magazine « Documentaliste – Sciences de l’information – Volume 50 »

  1. SManzano dit :

    Bonjour Monsieur Garnier,
    Excellente article que je partage complètement. Utilisatrice habituelle de Gallica depuis 4 ans, je remercie à la BNF d’avoir pu numériser les innombrables articles, livres, prospectus, etc
    Mais revenons nous vers le future (nous ne parlons plus du présent), comment socialiser les informations données par les objets connectés? Actuellement existent déjà des plateformes pour laisser s’exprimer les objets, indépendamment du support technologique que les humains utiliserons pour accéder à l’information, comment, quand et qui pourra jouer le rôle du médiateur?
    En vous remerciant

    • C’est une vraie question.
      Déjà, un objet « non connecté » laisse de nombreuses traces aujourd’hui. Il suffit de voir les millions de pages qui commentent et analysent l’usage, la valeur des objets qui nous entourent : on parle de livres, de voitures, de maisons etc… En fait c’est toujours de notre relation à ces objets dont on parle.
      Dès lors qu’un objet est connecté et qu’il – projetons nous- exprime son état intérieur (pour ne pas dire émotions). Qu’allons nous faire? Nous allons sans doute aussi – pour certains d’entre eux- leur répondre. En parler. Et créer par là même la légitimation de ces productions. Faut il pour cela des médiateurs? Pas pour les messages eux mêmes ou l’information brute. Mais pour comprendre, et analyser oui.
      Tout comme un responsable de bibliothèque connait les livres. Ses livres.
      Un « objectaliste » connaitra ses objets et pourra aussi en parler et les intégrer dans une demande.
      Ne le faisons nous pas déjà avec le médium Internet? Est il une production? Un objet?

      • SManzano dit :

        Je vous l’accorde, la limite entre la production et l’objet en moyennant Internet est très fine. Mais, j’aimerais pousser la question un peu plus loin et avec un exemple très, je l’espère, précise.
        Avec le programme européen SCOOP@F, le projet Mobilité 2.0 se développe déjà dans nos villes françaises, (voir l’article de Mme Pellerin et M. Cuvillier). Parmi ses objectifs, la collecte des données de position de voitures pour rendre fluide la circulation ainsi que faire que la route pousse des information des son état de sécurité pour rendre plus sûre la circulation motorisée. Je ne peux que me jubiler des ces initiatives.Mais, qu’en pensez vous de la donnée elle même par rapport à:

        – qui pourra exploiter ces données?
        – l’exploitabilité de la donnée doit être régularisée, il faut jouer le rôle de médiation, si oui qui devra jouer le rôle d’objectaliste (pour reprendre le même concept que vous évoquez)?
        – ou peut être ça sera un marché de la donnée (une bourse NasdNoSql) qui existera pour arriver à exploiter les données?

        Je vous remercie encore, de votre temps et de votre réponse.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s